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PÉNÉTRATION CUTANÉE

Les mécanismes de pénétration cutanée d’une molécule active sont complexes et sans doute pas encore totalement élucidés à l’heure actuelle.

Le grand obstacle auquel doivent s’opposer ces molécules est la barrière cutanée. Une fois celle-ci franchie elles peuvent diffuser dans les couches vivantes de l’épiderme, atteindre les zones plus profondes de la peau et éventuellement être absorbées par les capillaires sanguins pour rejoindre la circulation systémique. Cette absorption est recherchée pour certaines molécules thérapeutiques mais elle ne doit en aucun cas concernée les produits de cosmétologie.


LIBÉRATION
 DES ACTIFS

Tout d’abord, la molécule active va devoir se libérer de son véhicule. Pour cela elle va se dissoudre en son sein, si ce n’est déjà fait, puis elle va diffuser dans sa masse pour pouvoir être partagée avec la couche cornée.


PÉNÉTRATION DES ACTIFS

A ce niveau, l’actif doit impérativement se fixer sur la couche cornée pour pouvoir la pénétrer par la suite. D’une part, il va falloir le dissoudre parmi les composants du FHL de surface. D’autre part, il va falloir trouver un moyen de franchir ce mur que forment les cornéocytes. Plusieurs chemins sont alors possibles.

  • Les différentes voies de passage transcutané

-> La voie transcellulaire : les molécules diffusent passivement de cellule en cellule. Cette voie est plutôt réservée aux molécules hydrophiles qui vont se fixer sur les sites protéiques présents dans les cornéocytes.

-> La voie intercellulaire : les molécules passent alors dans le ciment interlipidique puis dans le liquide interstitiel des couches vivantes. On retrouvera préférentiellement les substances lipophiles ou amphiphiles. La surface des espaces intercellulaires ne représente que 5% de la superficie de la couche cornée. Ce chemin n’est donc pas le plus emprunté.

-> La voie de passage à travers les annexes : les particules lipophiles peuvent éventuellement pénétrer dans les follicules pileux pour rejoindre le derme réticulaire. Mais, elles peuvent se lier aux composants du sébum. Un réservoir folliculaire de molécules actives peut se créer dans la glande sébacée stoppant leur diffusion. Le passage par les glandes sudoripares eccrines est beaucoup plus rare car le flux sudoral tend en permanence à s’extérioriser. Ces voies  (folliculaire, sébacée et sudoripare) représentent, globalement, 0,1 à 1% de la surface cutanée.

Une fois la couche cornée franchie, les molécules vont diffuser plus ou moins profondément selon les propriétés dont elles jouissent, afin d’agir au plus près de leur cible.


FACTEURS INFLUENÇANTS
-> L’état de la peau :

Certains états plus ou moins pathologiques vont faciliter l’absorption des produits cosmétiques (inflammations, poussées psoriasiques, lésions de grattage, etc.) par augmentation de la perméabilité cutanée.

L’effet procuré après l’application d’un cosmétique sera différent d’une personne à une autre à cause de la variabilité qu’il existe depuis toujours entre chaque individu, en particulier avec l’âge.

L’élimination d’une partie du FHL de surface par des détergents ou des solvants aide à la pénétration des actifs. De même, une hyper-hydratation de l’épiderme va accentuer l’espace entre les cornéocytes et donc la diffusion des molécules.

-> La nature physico-chimique de la substance active :

Une molécule hydrophile aura tendance à emprunter la voie transcellulaire, alors qu’une molécule lipophile passera plutôt dans les espaces intercellulaires ou les annexes cutanées. Mais pour diffuser dans les couches plus profondes, la molécule devra présenter un caractère hydrophile. Il est donc astucieux d’utiliser des molécules amphiphiles ou des tensioactifs qui possèdent une attirance à la fois pour les lipides et pour l’eau.

Si la concentration de l’actif est à sa saturation, son dégagement du véhicule sera facilité. Moins il aura d’affinité pour ses excipients et plus il s’en détachera aisément.

-> Le véhicule :

C’est celui qui transporte, renferme la molécule active et la cède au film hydrolipidique de surface dans lequel il se mélange. Ce véhicule aura peu de possibilités de pénétration mais il peut faciliter celle des substances actives.

Les émulsions de nature hydrolipidique favorisent l’intrusion contrairement aux gels hydrophiles qui ont tendance, suite au film polymère qu’ils déposent sur la peau, à ne pas favoriser la pénétration des principes actifs. Les véhicules anhydres sont lipophiles, leur action sera donc plutôt superficielle. Mais, leur pouvoir occlusif va augmenter l’hydratation de la peau et donc éventuellement favoriser le passage des molécules hydrophiles.

La formulation d’un produit cosmétique fini et prêt à être utilisé dans son conditionnement est dite primaire. Lorsqu’il va être mis sur la peau, certains excipients aqueux et volatils vont s’évaporer tandis que d’autres vont être absorbés par la peau. La concentration de la molécule active, enfermée initialement dans ces excipients, va donc être modifiée : on parle de formulation secondaire. L’actif peut alors se retrouver à saturation dans l’excipient ce qui, comme on l’a dit ci-dessus, va augmenter sa pénétration.